Les Jeux de la Francophonie ont été créés sur le modèle des Jeux du Commonwealth. Pourtant, il y a de grandes différences entre les deux manifestations. L’équivalent britannique est plus ancien, il regroupe plus d’athlètes, plus de nations et a un programme plus étoffé.

Même ces jeux sont nés de la volonté de rassembler les nations de l’ex-espace colonial, la finalité est quelque peu différente en raison du programme de la manifestation. Mais quels sont exactement les points communs et les différences entre les Jeux de la Francophonie et les Jeux du Commonwealth ?

cyclisme sur piste aux Jeux du Commonwealth

Une tradition vieille de plus de 100 ans

Si les Jeux de la Francophonie ont connu leur première édition en 1989, les Jeux du Commonwealth datent du début du XXème siècle. La première édition officieuse s’est tenue en 1911. À cette époque, ils portaient le nom de « Jeux Inter-Empire ». Il y avait 4 sports et 4 nations : le Canada, l’Afrique du Sud, le Royaume-Uni et l’Australasia, une équipe composée de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande.

La première édition des « Jeux de l’Empire Britannique » date de 1930. Elle s’est tenue à Hamilton au Canada. Il y avait plus de 400 athlètes et 11 nations représentées. L’histoire retient cette manifestation comme étant les premiers Jeux du Commonwealth même si le mot « Commonwealth » n’existe pas encore.

L’émergence du Commonwealth

La notion de Commonwealth vient avec la décolonisation. Dans la déclaration de Londres en 1949, la reine Elizabeth II déclare que les nations ayant proclamé leur indépendance vis-à-vis de couronne seraient considérées d’égal à égal dans le Commonwealth des Nations. À cette époque, la décolonisation n’est pas finie. C’est pourquoi, entre 1954 et 1958, la manifestation s’appelle les « Jeux de l’Empire Britannique et du Commonwealth ».

Les éditions de 1970 et de 1974 portent le nom de « Jeux du Commonwealth Britannique ». Puis, à partir de 1978, ils adoptent le nom de « Jeux du Commonwealth ». Comme le montre bien cette petite généalogie, les Jeux du Commonwealth sont basés avant tout sur l’ancienne appartenance des nations à l’Empire britannique. Du côté des Jeux de la Francophonie, la langue était le ciment et non l’appartenance à l’empire colonial français. Même s’il y a un lien de causalité, la différence est fondamentale. Des nations comme le Maroc ou le Liban n’ont jamais officiellement appartenu à la France. Ils étaient des protectorats et non des colonies.

« Jeux Inter-Empire », ancêtre des Jeux du Commonwealth

A gauche : le Canadien Freddy Halbaus, vainqueur du 100 et 220 yards des « Jeux Inter-Empire » de 1911

Fête sportive vs fête culturelle

Les Jeux du Commonwealth sont avant tout une manifestation sportive. En 2010 à Dehli, il y avait 6 081 athlètes et 71 nations représentées. Par comparaison, aux Jeux de la Francophnie à Nice en 2013, il y avait 2 700 athlètes et artistes pour 54 nations représentées. Les Jeux du Commonwealth ont une programmation qui se rapproche des Jeux olympiques. Des sports spécifiques y sont représentés comme le Rugby à 7, le Netball ou le boulingrin, un jeu de boules qui se pratique sur le gazon.

Comment analyser l’absence de programme culturel dans les Jeux du Commonwealth ? Selon la formule consacrée, on ne célèbre que ce dont on manque. Les spécificités de l’aire culturelle du Commonwealth ont depuis très longtemps infusé dans la culture britannique. Les Britanniques n’ont pas de relation conflictuelle avec la mémoire comme en France. Leur colonisation s’est faite pour des motifs économiques et non culturels. En définitive, ils n’ont pas besoin de célébrer une diversité qui va de soi, à la différence de la France. Cette dernière cherche encore à construire sur cette diversité.